C'est un après-midi où je ne devais pas travailler que j'ai décidé de me rendre au studio de perçage afin de me faire percer le septum. Ce n'était pas la première fois que je me faisais percer, mais pour la première fois, j'avais le sentiment que celui-là allait vraiment me plaire. C'est donc accompagnée d'une amie que je me suis rendue chez Perçage Esthétique, suivant les conseils de quelques amis tatoueurs.
At A Glance Author ZaZa Contact ZaZa@bme.anon When A year ago Artist Alain Studio Perçage Esthétique Location Montréal J'ai pris le temps de choisir quel type de bijou je désirais, ainsi que le «gauge» qui me convenait le mieux, étant très délicate. J'ai finalement opté pour un «fixed beadring» de 16g, me disant que je pourrais toujours le faire agrandir (stretch) si je désirais un bijou plus volumineux. Après une brève attente, je suis entrée dans la pièce où j'allais me faire percer et j'ai rencontré Alain. Gentil monsieur à l'allure d'expérience. J'étais en confiance, tout me semblait correct. Nous avons donc pris le temps de trouver un emplacement adéquat et le moment est arrivé. J'en garde un souvenir très clair et toute l'expérience était très positive. J'étais décontractée et mon amie semblait hypnotisée. Quelques personnes, des gens travaillant au studio de perçage, se sont rassemblés à la porte afin de voir le processus. Je me souviens d'une fille qui m'a dit : « C'est un perçage très douloureux, il parait. » Malgré tout, j'étais très confortable et j'avais même hâte de v oir si ce qu'elle disait était vrai.
Donc, couchée sur le dos, sur un lit qui me faisait penser à celui d'un dentiste, Alain a placé la pince au niveau de mon septum. C'est à ce moment que j'ai compris que je n'étais pas allé à cet endroit pour me faire dorloter. J'ai donc commencé à me concentrer sur les sensations que j'éprouvais, en oubliant les gens qui m'entouraient, afin de vivre ce moment le plus consciemment possible. Une fois certain que tout était en place, Alain m'a averti qu'il allait me percer et m'a demandé de prendre une profonde respiration. C'est lorsque j'ai expiré qu'il m'a percé. La sensation que j'ai ressentie était tellement intense et j'avais les yeux pleins d'eau à cause de la sensibilité de l'endroit percé. J'ai soudain regardé mon amie qui semblait maintenant impressionnée et elle m'a dit : « Tu es vraiment courageuse. » Et moi je lui ai répondu en riant : « Tu devrais essayer, tu comprendrais. » Alain a ensuite placé le bijou. Je trouvais qu'il prenait bien du temps, mais je me suis dit qu'un «fixed beadring» pouvait être plus long à placer. Enfin, je me suis assise et j'ai regardé mon amie qui semblait contente du résultat. Je me suis levé pour regarder et c'était plutôt bien. Il y avait un détail qui me fatiguait : le bijou était un peu croche et j'avais peur que ce soit le trou qui ait été mal fait. J'ai avisé Alain de ma constatation et il m'a proposé d'enlever le bijou et de le replacer. Ça faisait déjà dix minutes qu'il me jouait après le nez et je commençais à en avoir assez alors je lui ai demandé si c'était vraiment nécessaire. Il m'a répondu que non et il a redressé le bijou pour la dernière fois. J'étais finalement contente du résultat et je suis partie du studio en me disant que l'expérience avait été intense, mais qu'elle m'avait donné l'envie de recommencer encore et encore...
Mon amie et moi sommes allées nous promener un peu, manger une bouchée et boire une bière. C'est à ce moment que j'ai compris l'impact que ce type de perçage pouvait avoir sur la population. C'est à partir de ce moment aussi que j'ai commencé à me faire dire des choses comme : « J'ai déjà vu ce type d'anneau sur un animal; je ne me souviens plus vraiment lequel... Ah oui! Une vache! » ou « Tu as quelque chose dans le nez... Excuse-moi, je croyais que c'étais une crotte de nez!» Enfin, je n'y a jamais porté attention.
La guérison de mon septum s'est très bien déroulée. J'ai fait très attention les premiers temps en le nettoyant fréquemment avec du Baxedin, un produit que le studio de perçage m'avait vendu et qui s'est avéré très efficace. La douleur a disparue très rapidement, mais j'avoue avoir accroché mon anneau à quelques reprises et que cette douleur était encore plus désagréable que le perçage lui-même. Ainsi, en très peu de temps, je me suis habitué à cette nouvelle image de moi-même ainsi que mon entourage.
Par contre, il y avait un problème : mon perçage était vraiment croche. La situation se brouille un peu à ce stade car je ne me souviens plus si Alain, mon perceur, m'avait indiqué que je pouvais aller le voir pour le faire redresser. Je me souviens d'une chose par exemple : il ne m'avait pas expliqué les précautions à prendre. Ainsi, je n'ai posé aucune questions, là est mon erreur, et le temps que j'avais pour aller faire redresser mon perçage s'était écoulé...comme une garantie.
Je suis retourné au studio environ six mois après m'être fait percer afin de me faire faire un «retainer. C'est en l'installant que j'ai remarqué qui mon perçage était vraiment croche et j'ai été très déçue. J'ai gardé le tout quelques mois et dernièrement, je me suis acheté un «barbel» courbé. Je me suis informé des possibilités et j'ai compris que j'avais le choix de faire redresser mon perçage par je ne sais quelle méthode ou de l'enlever et de me faire re-percer lorsqu'il sera cicatrisé. C'est donc en vous écrivant cette histoire que je retire mon anneau et que je recommencerai l'expérience dans quelques temps.
Je crois que la prochaine fois j'opterai pour un bijou différent, un «gauge» plus gros (12g ou 14g) et un perceur différent... Je sais même qui ce sera, il m'a percé la langue il y a un mois...